Les chiffres qui suivent viennent de la Chancellerie, du fichier Cassiopée et des Références statistiques de la Justice, sauf mention contraire. Ce sont des faits. La lecture est celle de l'Empire.
- 12,2 mois
- premier jugement correctionnel, 2025
- 36 mois
- instruction moyenne, 2025
- 141 %
- densité carcérale, 1er juillet 2026
- 34 %
- nouvelle condamnation dans l'année
Ministère de la Justice, RSJ 2026 et mesure d'incarcération au 1er juillet 2026. Récidive : Infos rapides Justice n° 37, sortants de 2021.
L'attente
On attend plus longtemps que l'on ne punit.
En 2025, le délai moyen entre l'arrivée d'une affaire au parquet et le classement ou la réponse pénale est de 9,0 mois. Quand le parquet classe pour inopportunité des poursuites, ce délai monte à 17,6 mois. Le premier jugement au fond, devant le tribunal correctionnel, arrive en moyenne 12,2 mois après l'arrivée de l'affaire : le même chiffre qu'en 2024.
La citation directe prend 29,9 mois. Le renvoi par le juge d'instruction en prend 54,4. L'information judiciaire close en 2025 a duré 36,4 mois en moyenne, 27,8 mois pour la moitié des mis en cause, et 40,3 mois lorsque l'issue est un non-lieu. Près d'une information sur deux se termine ainsi. Pour les mineurs, le délai jusqu'au jugement est de 8,2 mois.
Entre les faits et la première orientation, il s'écoule 17,6 mois. Pour 39,4 % des mis en cause, ce délai dépasse un an. La Fondation IFRAP relève, de son côté, que le stock de dossiers criminels en instance est passé de 2 368 fin 2019 à 6 000 au 31 décembre 2025, et que le délai moyen de mise à exécution d'une peine d'emprisonnement ferme, hors exécution immédiate, était de 14 mois en 2024.
L'Infostat Justice n° 204, en octobre 2025, le dit sans détour : 86 % des Français estiment que la justice est trop lente. Parmi les justiciables, 89 % sont sensibles aux délais. Une loi que l'on applique deux ans plus tard n'est plus une loi. C'est une promesse.
La prison
On entasse, et l'on n'exécute pas.
Au 1er juillet 2026, la France comptait 89 446 détenus pour 63 289 places opérationnelles. La densité globale est de 141,3 %. Dans les maisons d'arrêt, elle atteint 174,5 %. 7 890 personnes dorment sur un matelas au sol. 27 679 détenus sont en surnombre. Les prévenus, qui ne sont pas encore jugés, sont 24 021, soit 26,9 % des détenus.
Au 1er janvier 2026, 80 216 personnes écrouées et condamnées étaient recensées, en hausse de 7,2 % en un an. Près de 30 % d'entre elles purgent une peine ferme d'un an ou moins. La prison est donc pleine de peines courtes et de détention provisoire, pendant que la peine grave met plus d'un an à commencer.
Une peine prononcée et non exécutée n'est pas une peine. Elle apprend au condamné que la République ne tient pas parole. L'Empire construit les places qui manquent, et il fait commencer la peine quand le jugement est rendu.
La récidive
Celui qui sort recommence.
En 2025, les parquets ont traité 1 917 263 mis en cause. 63,3 % étaient poursuivables. Une réponse pénale a été apportée à 87,8 % d'entre eux. Le reste, 148 315 personnes, a été classé pour inopportunité des poursuites. Parmi les réponses, 29,8 % sont des mesures alternatives, et non un jugement.
La récidive se mesure sur les sortants de prison. Selon les Infos rapides Justice n° 37, publiées en avril 2026, 34,2 % des sortants de 2021 ont été condamnés pour une infraction commise dans l'année qui a suivi leur libération. Pour les sortants de 2020, le taux à deux ans est de 47,5 %. Pour ceux de 2019, le taux à trois ans est de 52,0 %.
Autre mesure, autre fichier. En 2024, parmi les condamnés, la récidive légale touche 9,8 % des crimes et 20,4 % des délits. Si l'on ajoute les réitérants, 35 % des condamnés pour crime et 45 % des condamnés pour délit ont déjà été jugés. La récidive légale est passée, depuis 1989, de 0,7 % à 9,8 % pour les crimes, et de 2,0 % à 20,4 % pour les délits.
L'Institut pour la Justice, en avril 2026, estime à partir du casier judiciaire national que la peine prononcée ne représente en moyenne que 19 % de la peine prévue par la loi. Ce n'est pas un chiffre de la Chancellerie. C'est la lecture d'un institut. Elle dit la même chose que les délais : la loi écrite et la loi appliquée ne sont plus la même.
Le siège
Le juge ne paie pas son erreur.
L'article 64 de la Constitution rend le magistrat du siège inamovible. L'indépendance était une garantie contre le prince. La République en a fait une garantie contre le peuple. Aucune conséquence personnelle n'est attachée au magistrat dont le relâché tue, viole ou recommence. Le chirurgien répond de l'opération. Le pilote répond de l'avion. Le juge, lui, passe à l'affaire suivante.
Le biais politique de l'ensemble du corps n'est pas mesuré par le ministère. L'Empire n'invente pas un pourcentage. Il constate un fait public. En 2013, dans les locaux du Syndicat de la magistrature, un mur a été photographié et rendu public : le « mur des cons », où étaient punaisés des noms d'élus, de journalistes et de pères de victimes. Ce n'est pas le recensement de tous les juges. C'est la doctrine affichée d'un syndicat qui juge des hommes avant de juger des faits.
Un juge que rien ne sanctionne finit par juger pour son camp. L'Empire ne demande pas des juges dociles. Il demande des juges responsables. La robe n'est pas une immunité.
La règle
Ce que l'Empire rétablit.
Selon Locke*, l'Empire protège la vie, la liberté et la propriété. Le reste n'est pas son métier. La justice n'est pas une politique sociale. Elle dit ce qui a été fait, et elle fait suivre la peine.
L'intelligence artificielle juge en première ligne les affaires simples : les vols, les violences légères, les délits de moins de trois ans. Le jugement est automatique s'il n'est pas contesté. Un écart de plus de 30 % entre le juge et la machine déclenche un audit. Une récidive grave après libération fait rejugement du magistrat. Les délais maximaux sont de trois mois pour un délit et de douze mois pour un crime, sous peine de 20 % de salaire en moins par mois de retard.
Les peines plancher, créées par la loi du 10 août 2007 et abrogées par la loi du 15 août 2014, sont rétablies. La perpétuité réelle est incompressible. Les squatteurs sont expulsés en soixante-douze heures, trêve hivernale ou non. Les mineurs délinquants encourent une responsabilité pénale réelle. Les pédophiles encourent des peines extra-lourdes. Les amendes portent un plancher plus une part du revenu, afin que le riche ne rachète pas la loi du pauvre.
On construit des prisons. Une densité de 141 % n'est pas une fatalité : c'est un refus de bâtir. La peine commence quand elle est prononcée.
Le peuple
La peine de mort se plébiscite. Elle ne se décrète pas.
La loi du 9 octobre 1981 a aboli la peine de mort. La dernière exécution en France est celle de Hamida Djandoubi, le 10 septembre 1977, aux Baumettes. Depuis, la question a été retirée au peuple et confiée à une assemblée.
L'Empire ne rétablit pas l'échafaud par édit. La peine de mort est une question de société. Elle relève du plébiscite : oui, non, blanc, ou report. L'Agora propose, les juristes mettent en forme, le peuple tranche. L'Empereur ne siège pas comme une cour.
La preuve
Un pays a repris ses rues.
Nayib Bukele*, au Palacio Nacional, le 19 janvier 2026 : le Salvador est passé « du pays le plus dangereux du monde au plus sûr de tout l'hémisphère ». Les homicides sont tombés de 103 pour 100 000 habitants en 2015 à 1,3 en 2025, selon Statista. En volume, les assassinats sont passés de 6 656 en 2015 à 82 en 2025, selon Associated Press. Moins 98 % en dix ans.
La méthode a été l'état d'exception, depuis mars 2022. Les gangs n'étaient pas un débat de société : ils étaient le gouvernement de fait. L'Empire ne copie pas un régime. Il retient la leçon que la France a oubliée : un pays n'a pas de droits s'il n'a plus de rues, et une peine qui n'est pas exécutée n'existe pas.
Trois mois pour un délit. Douze mois pour un crime. Une peine qui commence. Un juge qui répond. Le reste n'est pas une opinion : c'est la règle.
