Le secteur privé a saisi le numérique. La République a empilé les sites. L'Empire ouvre une porte unique, réduit le nombre de fonctionnaires de guichet, et rend au peuple les questions de société, qui ne sont pas le métier du régalien.
L'idée
Le Portail citoyen rassemble, en un seul lieu, ce que l'État possède déjà.
Le Portail citoyen est le guichet unique de l'Empire. Chaque Français y retrouve ses informations personnelles, y voit ses droits calculés sans paperasse, et y vote les questions de société. L'administration cesse de le renvoyer de site en site.
Le secteur privé a saisi l'ère numérique depuis longtemps. L'État, lui, a multiplié les identifiants, les files et les formulaires. Le Portail n'invente pas une police des vies privées. Il ouvre une porte unique sur les données que l'administration détient déjà, et qu'elle fait aujourd'hui mendier dossier par dossier.
Ceux que le regroupement effraie se trompent de cible. L'État tient déjà l'état civil, le fisc, la santé, la carrière et le permis. Il les range mal, sur dix silos, et il s'en sert pour ponctionner. Le Portail permet au citoyen de s'y retrouver. Il ne donne à Bercy aucun pouvoir que Bercy n'ait déjà.
Simplification
Le Portail calcule les droits et supprime la paperasse.
La centralisation des données n'est pas un fétiche. Elle permet enfin de déterminer automatiquement ce qui est dû : les allocations familiales, les aides au logement, les bourses étudiantes. Le citoyen n'empile plus les pièces. Le guichet ne perd plus le dossier. Le recours ne dure plus un an.
Le Portail réduit l'envoi de documents papier et de courriels administratifs. Cette efficacité permet une réduction sans précédent du nombre de fonctionnaires nécessaires aux démarches. Il ne s'agit pas d'une modernisation destinée à embaucher des chefs de projet. Il s'agit de moins d'État sur le dos de ceux qui produisent.
Les Français, déjà chargés d'obligations, y trouvent une source de simplification. Le stress administratif n'est pas une fatalité. Il est le produit d'une République qui aime le formulaire.
Plébiscite
Le peuple ratifie les questions de société. Il ne siège pas.
Le Portail n'est pas une Assemblée en ligne. On ne ressuscite pas 1789 sous un autre nom. L'État se charge de sa seule mission : protéger le peuple, c'est-à-dire la frontière, la monnaie, la justice et l'armée. Les sujets de société reviennent aux citoyens.
Tous les quatre mois, le Portail ouvre un plébiscite sociétal. Le peuple se prononce sur la peine de mort, le cannabis, le tabac et les autres questions qui ne sont pas le métier du régalien. L'Agora propose le texte, les juristes le mettent en forme, l'Empereur décide de ce qui relève de l'Empire, et le plébiscite tranche le reste. Napoléon gouvernait ainsi. On ne gouverne pas par caucus.
Le rythme impose au moins un plébiscite par an, et quinze au plus sur cinq ans. Un même scrutin peut porter plusieurs questions. Ce n'est pas un quinquennat de partis. C'est un rythme impérial.
Le bulletin
Chaque vote repose sur une triple authentification, un hash public et l'anonymat.
Le citoyen vote depuis chez lui, par une authentification à trois facteurs. Les mairies tiennent des bornes pour ceux qui n'ont pas de réseau. Nul n'est tenu de se rendre dans une salle des fêtes le dimanche, sauf s'il le souhaite.
Le bulletin offre quatre options, et rien d'autre. Le citoyen peut voter oui. Il peut voter non. Il peut voter blanc, et ajouter un commentaire. Il peut reporter le scrutin de quatre mois, si le débat n'est pas mûr. Lorsque le report l'emporte, le scrutin est renvoyé de quatre mois. On ne reporte que deux fois : au bout d'un an, le peuple tranche.
Chaque scrutin génère un identifiant unique, un hash, pour chaque citoyen. À la clôture, l'Empire publie un tableau public à trois colonnes : le hash, le vote, et le commentaire. Chacun vérifie que son bulletin a été enregistré. Personne ne reconstitue l'identité derrière le hash. Une intelligence artificielle lit ensuite les commentaires, en extrait les demandes récurrentes, et les remet à l'Empereur et à l'Agora. Elle ne vote pas à leur place. Elle en synthétise le contenu.
Doctrine
Le Portail n'est pas une thérapie d'État.
Le Portail est le futur de la citoyenneté française : une porte unique, des droits lisibles, un bulletin sûr. Il n'est ni un réseau social de la Nation, ni un ministère de la morale. Peterson* a dit de ranger d'abord sa chambre. L'Empire n'envoie pas la gendarmerie dans les forums. Il cesse seulement de faire courir le citoyen vers dix guichets pour un papier que l'administration possède déjà.
Ce qu'on y trouve
Le Portail rassemble les services suivants.
- —Le citoyen y consulte son état civil et son adresse, sans les chercher sur trois sites.
- —Il y retrouve ses déclarations fiscales et son avis d'imposition.
- —Il y ouvre son dossier de santé — historique, vaccinations, ordonnances — accessible à celui qui soigne, et non à celui qui surveille.
- —Il y lit son historique d'emploi et son relevé de carrière pour la retraite, sans quinze caisses.
- —Il y conserve ses bulletins et ses diplômes, au lieu de les perdre dans un carton.
- —Il y tient ses permis de conduire, de chasse et de pêche sur une même carte cloisonnée.
- —Il y accomplit ses démarches, ses inscriptions et ses déclarations, sans file et sans cerfa.
- —Il y lit le calendrier des événements locaux, les alertes de santé et de sécurité, et les horaires des services publics.
- —Il y vote les plébiscites, il y prend part aux consultations, et il y ouvre la bibliothèque numérique.
Le Portail offre une porte, un bulletin et moins de papier. Le reste n'est pas le métier de l'Empire — et c'est précisément pour cela que cela redeviendra le vôtre.
